L'Assommoir

Publié le par Lezen

L'Assommoir

GENRE : Roman classique

AUTEUR : Emile Zola

NOMBRE DE PAGES : 450

PREMIÈRES PHRASES : Gervaise avait attendu Lantier jusqu'à deux heures du matin. Puis, toute frissonnante d'être restée en camisole à l'air vif de la fenêtre, elle s'était assoupie, jetée en travers du lit, fiévreuse, les joues trempées de larmes.

RÉSUMÉ

Gervaise, séparée de son amant Lantier dont elle a deux enfants, se retrouve très pauvre. Elle épouse Coupeau, un zingueur, achète une boutique de blanchisserie qui lui procure une vie agréable. Mais le retour de Lantier, la chute de Coupeau, la cupidité de son entourage et la présence de l'alcool provoquent sa déchéance.

AVIS

Ce roman naturaliste n'est pas à lire pour le plaisir d'une jolie histoire, loin de là. Il est plutôt fait pour admirer l'oeuvre elle-même, la plume de Zola. En effet, ce dernier peint, avec force de détails, la pauvreté du monde ouvrier, sa tristesse, l'impossibilité de sortir de cette condition sociale. Il nous décrit les habitations de plus en plus misérables de Gervaise, l'héroïne, ne contenant même pas le strict mimimum pour survivre.
Au delà de l'aspect matériel, Gervaise est aussi pauvre moralement. Elle est très attachante par sa volonté de beaucoup travailler pour s'en sortir et aider sa famille, de ne pas boire, de mener une vie honnête. Mais elle est, malheureusement pour elle, sous le coup de l'hérédité; en effet, ses parents buvaient durant son enfance et lui faisaient boire de l'anisette. Même Coupeau, son mari, boît à cause de l'alambic, symbole dans l'oeuvre de l'alcoolisme.

Cela permet à Zola de nous présenter sa thèse naturaliste: l'influence de l'hérédité et du milieu sur une personne, qui rendent sa volonté inutile et son destin inéluctable. Issue d'une famille d'alcooliques, Gervaise devra boire elle aussi, et en mourir.
Coupeau, attachant au début, devient détestable quand il commence à boire et ne plus travailler, vivant aux dépends de Gervaise, lui empêchant tout espoir de vie honnête, l'entrainant jusqu'à la mort. Ses "amis": les Boche, les Poisson, ne font que profiter de sa richesse lorsqu'elle a de l'argent, se nourrir d'elle, comme symbolisé lors du banquet qu'elle donne par l'oie dévorée jusqu'à l'os. Ils l'abandonnent et se moquent même d'elle lorsqu'elle est mourante.

Finalement, seulement Goujet est bon pour Gervaise, qu'il aime sincèrement jusqu'à la fin. Il ne veut que son bien, fait ce qu'il peut pour l'aider, tente de la protéger des autres. Il est la représentation de la vie qu'elle aurait pu avoir en n'épousant non pas Coupeau mais lui-même, et sans sa tare héréditaire.

J'ai beaucoup aimé découvrir et relire ce livre et sa complexité, rassemblant tout l'art de Zola, pour la description d'une vie descendante jusqu'à la mort.

NOTE: 3/3

Ce livre est lu dans le cadre du Challenge classiques 2016 du Pr. Platypus:

http://profplatypus.fr/challenge-classique-2016/

Challenge Classique 2016 – La page

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Publié dans Romans classiques

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Commenter cet article

PHILIPPE D 30/10/2016 21:11

Ma soeur a lu tout Zola, mais moi, les classiques ne m'attirent pas. J'ai lu Germinal au moment où le film est sorti. C'est tout !
Un jour peut-être...