Le Coeur et la Raison

Publié le

GENRE : Roman classique, d'amour

    AUTEUR : Jane Austen

    NOMBRE DE PAGES : 460

    PREMIÈRES PHRASES : "La famille Dashwood s'était depuis longtemps fixée dans le Sussex. Leur domaine était vaste. Ils habitaient le Parc de Norland, au coeur de leurs propriétés."

    RÉSUMÉ

    A la mort de Mr. Dashwood, sa femme et ses trois filles sont contraintes de quitter leur beau domaine de Norland pour vivre dans une pauvre chaumière. Elinor, l'aînée, douée de raison, aime Edward. Au contraire, sa soeur Marianne est très romantique et se laisse emporter par ses sentiments. Elle tombe amoureuse de Willoughby.

    AVIS

      Après Orgueil et Préjugés, voilà un nouveau classique de Jane Austen. Je l'ai beaucoup apprécié également, la plume de l'auteur étant agréable à lire et la peinture des personnages très réaliste. Les 2 soeurs, qui sont les personnages principaux, sont attachantes pour plusieurs raisons. Marianne, jeune, vive enjouée, a tout pour plaire. Elle n'a pas la langue dans sa poche, dit tout ce qu'elle pense, ce qui est totalement contraire à la société de l'époque. Elle vit pleinement, ne se soucie pas des autres à part de ceux qu'elle aime (sa mère, ses soeurs, Willoughby et Edward). Cette franchise poussée à l'extrême peut faire du bien par rapport aux autres personnages, mais parfois elle est irritante. En effet, elle ne se soucie pas du tout des autres, peut paraître égoïste. Malgré cela, sa naïveté et son regard positif ne peut qu'attirer la sympathie. 

      Elinor est moins vive, plus raisonnable, réaliste. Contrairement à Marianne, elle sait ce qui est convenable, la façon de se tenir, la bienséance, pour être bien vu de la société. C'est en quelque sorte elle qui rattrape les bévues de sa soeur. Nous voyons qu'elle ressent les mêmes choses que Marianne (notamment quand elle sait qu'Edward est fiancé, comme lorsque Marianne découvre que Willoughby ne l'aime pas). La seule différence est qu'elle ne laisse rien transparaitre, elle retient ses émotions. En fait, elle s'adapte à cette société où il ne faut que jouer un rôle, et où tout honnêteté est prohibée. Ce duo est équilibré, même si, comme l'auteur le dit, Elinor aussi est romantique et Marianne aussi douée de raison. 

      La description de la société, puissante et exerçant une pression sur ces femmes est très bien menée, implicite. En effet, Elinor s'interdit tout espoir d'amour envers Edward à cause des conventions, de son engagement avec sa cousine. Malgré cela, elle est forcée d'écouter cette dernière qui désire la rendre jalouse, car les conventions l'exigent. De même, elle assiste aux diners avec les désagréables et non délicats Mrs Jennings, Sir John, qui multiplient les remarques gênantes, notent par rapport à Edward. Cela est obligé par la société, règle implicite mais omniprésente. Marianne est ainsi une transgression des règles, allant chez Willoughby seule, disant ce qu'elle pense sans arrière-pensée...

      Edward ne paraît pas très attachant, car il est surtout mentionné au début et à la fin. Il a l'air assez insipide, même si nous le voyons à travers les yeux amoureux d'Elinor. Au contraire, Willoughby est beaucoup plus expansif. Avec lui, tout a l'air simple et joyeux. Au milieu de l'oeuvre, il devient soudain cruel, horrible. Ce changement de situation expose bien l'opposition entre l'apparence et le vrai caractère. Brandon, l'amoureux taciturne de Marianne, est un homme bon, sans défaut, seulement malmené par la vie. Il donne envie de le protéger, on désire qu'il connaisse un peu le bonheur.


      Les autres personnages sont assez stéréotypés: Sir John le bon vivant, Lady Middleton seulement mère, ne vivant pas en dehors de ses enfants qui sont en plus mal élevés. Mme Jennings est la commère, qui veut voir tout le monde marié... Ils ne sont là que pour incarner la société, là où il faut vivre. 

      La lenteur de l'action représente la façon de faire de l'époque: rien ne se faisait vite, il fallait beaucoup attendre. 

      Ce roman est donc un plaisir à lire, assez rapide pour ceux qui aimeront le style.

      NOTE: 2,/3

      Ce livre est lu dans le cadre du challenge classique organisé par Professeur Platypus, auquel je participe à nouveau cette année. 

      Le challenge classique, qu’est-ce que c’est ? Rien de plus simple : c’est un challenge qui consiste à lire et chroniquer au moins un classique par mois. Si vous savez d’avance que vous ne tiendrez pas le rythme, vous pouvez vous fixer dès le début un objectif moindre et ne le faire qu’un mois sur deux. Le but est avant tout de partager ses lectures et ses découvertes avec le plus grand nombre ! Mais comme on est toujours plus motivé avec une carotte, le challenger le plus assidu et le plus prolixe aura droit à une petite récompense en fin d’année

      Voici le lien du blog pour ceux qui seraient intéressés : http://profplatypus.fr/challenge-classique-2017-la-page/

      Je le lis aussi dans le challenge "Lire sous la contrainte" de ce blog: http://phildes.canalblog.com/archives/2016/12/25/34726564.html

      Le titre des livres que vous lirez pour cette session devra donc commencer par un déterminant article défini c-à-d le, la, les, l'.

       

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      Commenter cet article

      Gaëtane 01/04/2017 09:04

      En tant qu'admiratrice de Jane Austen, je ne peux qu'avoir aimé ce livre. Les personnages sont attachants :on vit, on souffre, on aime avec eux.

      Lezen 03/04/2017 17:28

      C'est censé être le but de chaque livre, mais c'est encore plus vrai avec Jane Austen

      PHILIPPE D 04/02/2017 21:04

      Je n'ai encore jamais rien lu de cette auteure pourtant célèbre. Un jour peut-être...
      Merci pour ta participation à mon challenge et bon dimanche.

      Lezen 07/02/2017 11:53

      Je la conseille, sa plume est vraiment très agréable !
      Avec plaisir !